Il y a une célèbre grotte ornée à Cogul
où l’on voit un certain nombre de femmes dansant autour d'un homme nu qui porte
des jarretières, alors qu’il n'y avait pas de bas à cette époque. Il représente
probablement le dieu et il s’agissait probablement d’une cérémonie magique pour
lui donner de la puissance. Une de ces femmes semble tenir ce qui ressemble à un
Athamé sorcier (un couteau magique), mais malheureusement à une date ultérieure
quelqu'un a peint une bête à cornes par-dessus. Il s’agit peut être d’une
coïncidence, mais la « jarretière » fait partie des insignes des sorcières et
l'image dans son ensemble ressemble à un rassemblement de sorcières.
Il n’y a que peu de représentations de femmes sur les murs des cavernes, mais
les gens qui vivaient à l’Age de Pierre ont fait des petites statuettes de
femmes nues, très grosses, dont les organes sexuels sont mis en avant ; cela
représente évidemment une inductrice ou une déesse de fertilité. Il est possible
qu'ils admiraient les femmes grosses, la graisse est aujourd’hui un signe de
beauté dans certaines régions d’Afrique. En tout cas, ils ont passé de
nombreuses heures et montré un grand talent à graver ces figurines d’ivoire avec
des outils en pierre. Nous pouvons présumer qu’ils le faisaient car ils
vénéraient cette déesse et souhaitaient qu’elle les bénisse à une période où ces
chasseurs sont devenus éleveurs et souhaitaient une progéniture abondante, pour
eux comme pour leur bétail. Il est tout à fait possible que la première
prêtresse était l'épouse du magicien (ou du représentant du dieu). Mais le
matriarcat semble avoir été très commun dans les premiers temps et il est
probable que, comme chez les sorcières aujourd'hui, le grand prêtre ou celui qui
représentait le dieu était souvent l’époux de la grande prêtresse ou celle qui
représentait la déesse. Alors que l’Homme sortait pour chasser ou s’occuper du
bétail, la Femme, la Sorcière, restait à côté du feu et se chargeait de médecine
et de sortilèges. Elle avait le temps d’exercer ce que nous pourrions appeler
des pouvoirs naturels de perception extra-sensorielle que les primitifs devaient
qualifier de « magie ». Pour mémoire, lorsque je parle de magie, que je pense à
la magie qui existe réellement, pas ce à quoi pensent de nombreuses personnes
quand on parle de magie. Ce n’est pas faire tourner une baguette magique et
obtenir un résultat miraculeux ni dire une incantation et faire des signes et
immédiatement cela fait apparaître un démon de carnaval. Une forme rythmique de
mots (un charme) est parfois employée parfois par les sorcières, c’est une aide
pour diriger la puissance une fois qu’elle est créée, mais le « magicien » doit
tout d’abord créer cette puissance et savoir la diriger.
Il semble que certaines personnes soient nées avec des pouvoirs psychiques
naturels. Elles ont découvert que certains rites et processus augmentaient ces
pouvoirs et que s'ils les dirigeaient correctement ils pourraient les employer
au bénéfice de la communauté. Ainsi la communauté a exigé qu'elles exécutent ces
rites, à plus forte raison quand les gens ont découvert qu'ils pouvaient
s'associer eux-mêmes aux rites, aidant la puissance à croître par des danses et
d'autres manières encore. Cela signifiait que les sorcières ont dû apprendre à
se servir de leur cerveau, car il y a des choses que vous pouvez faire par magie
et il y a des choses qu’il sera impossible de faire : le sorcier africain est
aujourd'hui mal vu, car il ne parvient pas à inventer une bonne excuse pour ne
pas faire quelque chose qui est impossible et on peut le lui reprocher avec une
lance. Ainsi je présume qu’autrefois les sorcières devaient aussi expliquer
certaines choses et cela pouvait se faire grâce à des artifices ou par de la
vraie magie.
En Grande-Bretagne, avant 3000 avant notre ère, il n’y avait que des tribus
éparses de chasseurs de l’Age de Pierre. Ils étaient apparentés à ceux qui
vivaient en France et en Espagne et avaient probablement les mêmes croyances.
Nous les voyons généralement comme des gens qui vivaient dans des grottes, car
nous trouvons fréquemment leurs restes dans des grottes, où ils se sont
naturellement mieux conservés, mais la plupart d'entre eux avaient une vie assez
proche de celle des indiens Peaux-Rouges en Amérique il y a quelques siècles.
Ils vivaient dans des tipis faits de peaux de bêtes ou des cabanes en terre, se
déplaçant dans les environs pour s’amuser et, comme les Peaux-Rouges, les
Zoulous, les Pictes, les Ecossais et les Irlandais d’il y a de trois cents ans,
ils étaient souvent presque nus, portant uniquement une peau comme couverture
pour se protéger du vent, comme l’Irlandais portait sa grande cape et l’Ecossais
son plaid pour le même motif. Comme ils ne craignaient pas la nudité, ils
étaient robustes et en bonne santé, car le soleil et l'air frais sont les
meilleures des médecines, mais je reparlerais de cela. Nous ne pouvons
qu’imaginer ce qu’étaient leurs idées religieuses, bien que, comme je l’ai dit,
je crois qu’ils avaient un dieu cornu de la chasse et une déesse nue de la
fertilité. Ils ont enterré des objets avec leurs morts, il semble ainsi qu’ils
croyaient en une vie future ou un autre monde et nous pouvons raisonnablement
penser qu’ils reliaient cela d’une manière ou d’une autre avec leurs dieux. Leur
principale forme de culte était probablement la danse, une danse de groupe
exécutée avec une ferveur fanatique dans un cercle, car par les cercles qu’ils
ont construit dans les profondeurs des grottes, ils concevaient évidemment qu’un
cercle construit magiquement conserve la puissance. Ils avaient probablement des
tambours rustiques. Il y a une grotte ornée en France où l’on voit un homme vêtu
de peaux avec des cornes de taureau danser et faire vibrer la corde d'un petit
arc. Il est probable que si un certain nombre de personnes font résonner des
cordes d’arcs, elles peuvent produire un effet proche de la harpe. Il s’agissait
probablement d’une danse symbolique exécutée avec frénésie jusqu’à ce qu’ils
atteignent un état extatique. Pour les primitifs, la danse est une prière par
laquelle ils peuvent atteindre une union avec les dieux.
On a beaucoup dit que dans l’Antiquité les Britanniques n’étaient que des «
sauvages nus ». Ces premiers Britanniques vivaient un peu comme les nudistes
d’aujourd’hui. Ils étaient propres et en bonne santé ; en fait, ils étaient
certainement bien plus propres et en meilleure santé que, par exemple, les
habitants des villes du moyen-âge infestées par les rats et les épidémies de
peste, où les ordures s’amassaient dans les rues et où les gens considéraient
qu’il était dangereux de prendre un bain. Ils vivaient aussi bien mieux que les
habitants des taudis d’aujourd’hui. Ces premiers britanniques n’avaient pas
toutes ces maladies d'origine nerveuse qui nous envahissent aujourd’hui, et,
comme les femmes modernes dans nos pays le remarquent, si vous faites du
nudiste, il est bien plus rare que vous ayez des ennuis ou des douleurs liées à
une grossesse. Il y a de nombreuses années, les médecins dans les colonies se
demandaient pourquoi les femmes indigènes pouvaient être enceintes sans avoir
d’ennuis et pouvaient aller travailler le jour suivant leur accouchement. Ils
connaissent maintenant la réponse : la femme indigène qui adopte la «
civilisation » et porte des vêtements a autant d’ennuis et de douleurs
lorsqu’elle est enceinte que les femmes européennes, même si la science moderne
peut alléger une grande partie des troubles provoqués par la « civilisation ».
wica wicca Gerald Gardner