Croyances Curieuses sur les Sorcières (4)

par Gerald Gardner (traduction Ameth)

Mais revenons aux « Cordes ». L’Inquisition a commencé par accuser les sorcières «  de créer des tempêtes, de sacrifices humains et de porter de longues ceintures de tissus autour de la taille » ce qui m’a toujours semblé être une curieuse combinaison en particulier à une époque où ces ceintures étaient un article vestimentaire courant.

Même si l’Inquisition était composée de scélérats sadiques, ce n’étaient pourtant certainement pas des imbéciles. Lorsqu’ils portaient cette accusation, cela avait un sens réel pour eux.

Il faut se souvenir que les mêmes accusations étaient portées contre les Templiers. La Chronique de Saint-Denis affirme catégoriquement: « Dans leur ceinture était leur mahommerie », c’est à dire leur magie. Des sorcières pensent que cela signifie que l’Inquisition savait que les Templiers et les sorcières s’en servaient pour faire de la magie.

Dans la Chronique de Chypre, il est signalé comme un fait curieux que le serviteur d’un Templier avait enlevé (volé ?) la ceinture de son maître. Dès qu’il l’a su le templier l’a tué avec son épée. Elle dit aussi qu’un espion a entendu un Templier instruire des novices en leur disant de garder ces cordons et, en les portant cachés sous leurs vêtements, ils pourraient atteindre une grande prospérité. Je ne peux pas imaginer ce qui pouvait être fait avec une ceinture pour acquérir une grande prospérité sauf si on l’utilise comme le font les sorcières pour « faire de la magie. »

Des auteurs confondent la corde avec la « Jarretière des Sorcières ». La jarretière est une marque hiérarchique qui est rarement utilisée de nos jours selon ce que j’ai pu voir, mais certaines en possèdent et les portent de temps en temps.

Autrefois la jarretière était utilisée occasionnellement comme signe de reconnaissance. Elle ne serait plus très utile pour cela de nos jours car si quelqu’un voulait se faire passer pour une sorcière, c’est la première chose à laquelle il penserait.

Le Dr Margaret Murray pense que la corde a été utilisée pour exécuter les traîtres. Je n’en ai jamais entendu parler mais les cas qu’elle cite me semblent être des morts données par compassion : un homme étant arrêté et soumis au habituelles longues tortures, il s’étranglait lui-même ou était étranglé par miséricorde et il allait vers les royaumes de la Déesse, les terres décrites par les poètes, « où les jeunes gens se promènent avec une lumière d’or sur les membres et les jeunes filles avec un éclat sur le visage et la poitrine et de jeunes bourgeons qui fleurissent sur les branches de pommiers et toute la jeunesse se glorifie dans la matinée et sur la terre de la jeunesse c’est toujours le matin. » C’est la terre où les Wica croient qu’ils iront se reposer et se régénérer jusqu’à ce que par le pouvoir de la Déesse, ils seront prêts à renaître à nouveau sur la terre.

Dans « Gogmagog » T. C. Lethbridge dit (p. 125) :

La Sorcellerie n’a vraiment existé qu’au moment où les hommes sont passés d’un mode de vie lié à la chasse à un mode de vie pastoral. Pour y arriver on a pratiqué des danses rituelles, des excès rituels et une fête. Parfois des victimes étaient immolées par le feu. On sait que l’objet principal de leur adoration était une déesse, mais je n’ai jamais vu son nom dévoilé, même si quelque chose ressemblant à « Adraste » a été suggéré. Il semble que le leader de la cérémonie portait souvent une tenue le faisant ressembler à un taureau, une chèvre, ou un cheval ... Ce rituel ressemble beaucoup à ce qu’on déduit de notre religion de Gog et Magog. Est-ce la même ou non ?

(P. 127). L’image populaire de la sorcière, que nous avons toujours à l’esprit, est le résultat de la propagande longue et exaltée de leurs ennemis. C’est loin de la réalité. Une foi, qui a suscité tant de venin des autorités ecclésiastiques qui cherchaient à la supprimer, devait avoir de nombreux points positifs qui en faisaient une rivale sérieuse. Il est clair ... qu’il y avait une croyance ferme à l’immortalité.

(P. 131). La question des Druides. Leur nom est certainement lié à la racine celtique « dru » désignant le chêne. Ils sont désignés par leurs contemporains comme prêtres du chêne sacré dans le bois sacré ... Si l’on peut montrer des exemples d’utilisation ancienne des bois sacrés ou des rites liés au chêne, cela montrera déjà en partie qu’une prêtrise de type druidique existait en Grande-Bretagne avant l’arrivée des Celtes de l’âge du fer. Ces Celtes peuvent avoir été les premiers à les qualifier de Druides, mais ils n’en étaient pas moins des Druides.

(P. 136). Il n’est pas rare de trouver des preuves de l’existence de deux croyances côte à côte et chez la même personne. Il y en a non seulement des exemples dans la Bible chez les anciens Hébreux, mais si le Dr Margaret Murray a raison, ce dont je suis certain, les familles régnantes d’Angleterre, jusqu’à l’époque des Plantagenet, étaient fidèles aux deux religions... Les rites de l’ancienne foi, désormais considérés comme de la superstition sont pratiqués aujourd’hui dans tout le pays. Cela ne signifie pas les gens n’étaient pas chrétiens, mais qu’ils pouvaient aussi être adeptes des anciennes croyances. L’idée de la réincarnation et d’une nouvelle naissance sur terre peut avoir parlé bien plus aux guerriers celtes que celle d’une harpe vibrante dans le ciel ou celle d’un repos dans le giron d’Abraham... De nombreux rites d’Isis sont devenus des cérémonies chrétiennes, de nombreux dieux et déesses païens ont été canonisés comme saints chrétiens : Brigid est devenue Sainte Bridget, Ma et Matrona sont devenue Ste. Marie.

Tout ce que dit M. Lethbridge est exactement ce que m’ont dit les sorcières, sauf qu’elles nient avoir jamais pratiqué le sacrifice d’êtres vivants, humain ou animal. M. Lethbridge croit que la déesse était d’abord une personnalité féroce, une Déesse de la mort et la destruction, mais qui distribuait les pommes de vie et était d’un caractère maternel. Plus tard elle s’est transformée en une douce Déesse de la Lune à qui on n’a plus offert de sang.

 

   

 

 

 

 

 

 

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