A l'époque des Romains et des Saxons (2)

par Gerald Gardner (traduction Ameth)

Dans la villa des Mystères de Pompéi on a retrouvé des fresques grandeur nature représentant une initiation. J’en ai quelques grandes photos qui montrent de tous petits détails. Je les ai montré à des sorcières Anglaises et elles ont toutes dit la même chose :

« Elles connaissaient donc les secrets à cette époque. »

Cela pourrait signifier que les vrais secrets des sorcières sont arrivés en Grande-Bretagne par le biais des Mystères, c'est-à-dire avant environ l’an 100 de notre ère et que les sorcières Britanniques n’étaient que les sages femmes des villages, mais je ne pense pas que ce soit la bonne explication. On convient généralement que les Mystères Grecs provenaient à la base d’Egypte et ce pourrait bien être la vérité. Il y a aussi certaines choses dans le Culte des Sorcières qui pourraient provenir d’Égypte mais il y a aussi des idées qui pourraient venir de Sumer. Selon moi, ces idées sont arrivées en Grande Bretagne il y a très longtemps, à une époque où il y avait du commerce et des échanges directs avec l’Egypte, la Crète et la Syrie. A cette époque, les idées religieuses étaient librement échangées et adoptées, mais il est possible que certaines idées et pratiques furent importées en Grande-Bretagne par les Romains via les Mystères. On a retrouvé des traces de cultes Bachique et Orphique dans le Somerset, mais il n’y a que peu de preuves qu’on ait un jour célébré des Mystères de nature Dionysiaque en Grande-Bretagne.
Le concept de sorcières comme des adeptes de la Déesse de la Lune et comme enchanteresses avec qui il était dangereux de se confronter était déjà bien connu dans le monde romain. Lucius Apulée, qui a vécu au second siècle de notre ère, était un provincial romain qui a écrit en latin une histoire merveilleuse et très populaire, L’Ane d’Or, qu’on a décrit comme l’ancêtre de la littérature romantique moderne. Il s’agit essentiellement d’une histoire de sorcellerie. On y retrouve la plupart des idées sur ce que faisaient les sorcières du moyen age. Au début de l’histoire, Lucius raconte comment il a voyagé en Thessalie, un lieu connu pour sa sorcellerie, et comment ses compagnons de voyage lui ont raconté les histoires les plus terribles et horribles sur les pouvoirs des sorcières de Thessalie.
Sans trop attendre, Lucius en a eu la preuve à ses dépends. Pamphiles, l’épouse de son hôte en Thessalie était une célèbre sorcière. Sa cousine Byrrhena l’a averti solennellement devant la statue de la déesse Diane de ne pas frayer avec Pamphiles et de ne pas chercher à espionner ses sortilèges mais Lucius a dédaigné son avertissement et s’est décidé à savoir et « dépenser mon argent dans l’étude de cet art et devenir une sorcière. »
Ainsi il a fait l’amour à sa domestique débauchée Fotis et persuadé la demoiselle de le laisser espionner Pamphiles par la fente d’une porte, pendant que Pamphiles s’adonnait à ses rites magiques. Il a vu la sorcière se mettre nue et s’oindre tout le corps avec un onguent, puis elle s’est changée en chouette et s’est envolée au loin. Il a prié Fotis de voler l’onguent magique pour lui, mais la demoiselle a volé la mauvaise boîte et quand il s’en est servi, Lucius ne s’est pas transformé en chouette, l’oiseau de la sagesse, mais en un âne.
Sous cette apparence il a vécu de nombreuses aventures effroyables et cocasses, jusqu’à ce que, se trouvant au bord de la mer lors de la pleine lune, il a solennellement prié la déesse de la lune de le libérer du charme en exprimant son repentir pour toute offense qu’il aurait commise à son encontre. Il a été récompensé par un rêve-vision où la déesse lui a dit comment défaire le charme et en signe de gratitude envers elle, après avoir retrouvé forme humaine, il est devenu prêtre d'Isis.
Dans l'histoire, comme au moyen age, les sorcières étaient censées être capables de se transformer en divers animaux, d’employer des onguents magiques, de pratiquer des sortilèges sur des personnes au moyen de leurs cheveux et de jeter des sorts au moyen d’objets volés sur des cadavres venant d’être enterrés, de faire des fumigations d’encens et de posséder des pentagrammes sur lesquels sont tracés des caractères magiques. Il faut se souvenir, à ce propos, que durant de nombreux siècles les gens avaient des croyances étranges en matière médicinale et nous trouverions abominable la plupart de leurs remèdes, mais il ne faut pas assimiler nécessairement l’utilisation de tels ingrédients à de la magie noire Dans son livre très intéressant « The Magic of Herbs », Mme C. Leyel nous parle de certains de ces ingrédients. Des apothicaires tous parfaitement respectables vendaient de la poussière de momie et de la chair humaine. Une liqueur préparée à partir de crânes de criminels fut prescrite à Charles II pour soigner les conséquences d’une crise d’apoplexie.

 

  

 

 

 

 

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