Druidisme et les celtes Aryens (2)

par Gerald Gardner (traduction Ameth)

 Je ne pense toutefois pas que l'histoire des mannequins d’osier soit une invention totale. Qu’on s’en soit servi pour des sacrifices humains semble peu probable, mais les mannequins d’osier ont longtemps été populaires dans des cortèges de carnaval en Angleterre, en France et ailleurs. Ils étaient souvent de très grande taille. Ces fêtes populaires remontent la plupart du temps aux périodes païennes, et les mannequins pouvaient avoir été à l'origine des dieux païens. La vannerie était autrefois le matériel disponible le plus pratique pour fabriquer une grande statue transportable. La pierre et même le bois étaient lourds et difficiles à transporter dans le cas de grandes statues. Mais une statue énorme en vannerie, éventuellement décorée avec des fleurs et des branches vertes, pouvait être impressionnante. Je me souviens avoir vu au musée de Salisbury un « géant de ville » en vannerie qui est toujours porté lors de processions populaires. Des personnes étudiant le druidisme nient avec indignation l’accusation que les druides faisaient des sacrifices humains. Dans son livre « Immortal Britain » (Aquarian Press, 1952), Alan Insole écrit : « Nos historiens… oublient le fait que si un peuple avait l’habitude de célébrer ses festivals d'une façon aussi horrible pendant des générations, on aurait retrouvé des tas énormes d’os et des crânes brûlés au sommet de chaque colline sacrée. Mais on n’a jamais rien trouvé de tel ». Un certain nombre de traces d’enterrements (d’incinération ou autres) ont été trouvées à Stonehenge, mais rien ne dit qu’il s’agissait de sacrifices. La prétendue « Pierre du Sacrifice » est en réalité un « sarsen » qui est tombé et les marques sur sa surface sont dues aux intempéries.
Une tombe intéressante a été retrouvée à Stonehenge. Elle pourrait confirmer l'idée des sorcières que le « fer à cheval » en pierre bleue représente l'utérus. Il s’agissait d’un « enterrement recroquevillé », où le corps était mis en terre en position fœtale. On l’a trouvé dans le « fer à cheval », juste devant la pierre d’autel. Cette coutume « de l'enterrement fœtal », fréquente chez les peuples antiques, peut être un symbole de la croyance dont j’ai déjà parlé, les âmes des morts partent attendre leur renaissance sous forme humaine sur cette terre.
Elle symbolise ici la Vie couchée dans les entrailles de la déesse dans l’attente d’une nouvelle naissance. La coutume d'enterrer des coquillages avec les morts peut être une autre forme du même symbolisme, car le coquillage est un symbole féminin (c’est-à-dire de l’utérus), il s’agit là aussi d’une coutume fréquente chez les peuples antiques.
Ce sont des druides Gaëls qui informaient Jules César au sujet du druidisme. Ils lui ont dit que leur mode de vie venait de Grande-Bretagne et de là qu’il fut transféré en Gaule. Les écrits irlandais disent la même chose. Pour cette raison, leurs étudiants ont quitté l’Irlande pour la Grande-Bretagne, tout comme le faisaient les Gaulois, pour apprendre leurs secrets à la source. Cela signifiait parfois jusqu’à vingt ans d'étude. César dit que les druides s’opposaient à noter par écrit leurs enseignements secrets et la doctrine principale qu’on leur enseignait, à savoir que les âmes ne périssent pas au moment de la mort, mais passaient d'un corps à un autre (nous appellerions cette idée la réincarnation). Cette doctrine effaçait la peur de la mort et, par conséquent, c’était une exhortation forte à la bravoure.
Nous devons nous souvenir qu’à l’époque de César, les Romains croyaient généralement qu'un enfer plutôt déplaisant serait le lot de tous, sauf les rares favorisés qui deviendraient des demi-dieux. Cette croyance druidique était donc bien curieuse pour César et les gens pour qui il écrivait. Il dit aussi qu'ils avaient de nombreuses discussions au sujet des étoiles et de leurs déplacements, de la taille de l’univers et de la terre, de l'ordre de la nature et les pouvoirs des dieux immortels. C’est cela qu’ils transmettaient aux jeunes hommes.
Cicéron (dans « De Divinatione ») dit : « j’ai moi-même connu un druide, Divitaecus l’Eduens. Il affirmait avoir un savoir que les grecs appellent « Physiologia ». Il avait l'habitude de faire des prédictions, parfois au moyen d'augures et parfois par déductions ». Cet Eduen fut un ami de César, un homme d’affaire, un politicien et un diplomate réputé dans toute la Gaule. Il existe une statue de lui en bronze de taille réelle dans la Promenade des Marbres à Autun.
Selon la tradition, un druide appelé Abaris fut un ami de Pythagore, qui, on s’en souviendra, croyait aussi à la réincarnation. Diodore de Sicile a dit des Celtes : « chez eux règne la doctrine de Pythagore selon laquelle les âmes des hommes sont immortelles et après un temps déterminé elles recommencent à vivre en prenant un nouveau corps ». G. Keeting dans son livre « History of Ireland » dit que les druides irlandais faisaient de la divination en s’emballant eux-mêmes dans la peau de taureaux sacrifiés. Il y avait des pratiques semblables en Ecosse, on appelait cela « Taghairm ». Selon Pline, les druides avaient une mystérieuse pierre ronde qui avait à peu près la taille d’une petite pomme, qu’ils appelaient « l’œuf du serpent » et qu'ils portaient au cou dans une bourse.
Il pouvait s’agir d’une pierre-miroir, utilisée comme un cristal, pour faire du scrying (une méthode qu’apprécient certaines sorcières). Des auteurs disent que ces « pierres à capter », comme ils les appellent, sont faites de verre vert. On raconte une histoire merveilleuse sur la façon dont elles sont conçues, à partir d’un amas de serpents siffleurs. Il s’agit probablement là d’une fable pour effrayer les non-initiés. Les druides irlandais semblent avoir été célèbres pour leur puissance prophétique. Le mot utilisé pour décrire de telles prophéties est « Baile », ce qui signifie « discours enfiévré ». En Irlande, les druides étaient attachés à la cour du roi et ont été censés utiliser leurs pouvoirs pour l’aider et le protéger.

 

  

 

 

 

 

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