Que sont les Sorcières ?

par Gerald Gardner (traduction Ameth)

 

Dans le livre le plus intéressant d’Aldous Huxley « les Diables de Loudun », on parle (page 177) des tortures et de la mort d'un M. Grandier, en 1634, qui fut accusé d’avoir ensorcelé des nonnes. Les détails sont tirés des comptes rendus d'audience et sont authentiques :
« En présence de deux apothicaires et plusieurs médecins, Grandier a été déshabillé, rasé sur tout le corps et piqué ensuite systématiquement jusqu’à l'os avec une aiguille longue et pointue... ; la douleur était très grande et, par les fenêtres, la foule des curieux toujours plus nombreuse pouvait entendre les hurlements du prisonnier ». Dans le compte rendu officiel de la cour qui a condamné Grandier, nous apprenons qu’ils ont eu de grandes difficultés à localiser des petites zones insensibles, ils n’en ont trouvé que deux sur les cinq marques décrites par la supérieure du couvent... Les méthodes de Mannoury, il faut le préciser, étaient admirablement simples et efficaces. Après une série de supplices, il changeait complètement l'épreuve et appuyait la pointe émoussée contre la chair de la personne. Miraculeusement, il n'y avait pas de douleur, le diable avait marqué l'endroit.
Si on lui avait permis de continuer assez longtemps, il n'y a aucun doute que Mannoury aurait trouvé toutes les marques. Malheureusement, un des apothicaires (un étranger louche de Tours) était moins hautain que les médecins du village que le Lou-bardemont avait réuni pour contrôler l'épreuve.
En attrapant Mannoury en train de truquer, l'homme a protesté, en vain. Ses récriminations ont simplement été ignorées. Mannoury et les autres se sont montrés des plus coopératifs. Page 235 : « les juges n’ont vu le défendeur que trois fois en tout. Après les préliminaires religieux habituels, ils ont rendu leur décision, elle fut unanime. Grandier devait être soumis « à la Question », Ordinaire et Extraordinaire... Avec une corde autour de son cou et un cierge de deux livres à la main, il a demandé pardon à Dieu, au Roi et la Justice... puis fut brûlé vif... Il a été déshabillé, en quelques minutes son corps fut rasé…, sa moustache et sa petite barbe, maintenant ses sourcils » a dit le Commissaire.
« Maintenant les ongles, arrachez-lui maintenant les ongles... ».
Page 244 : « Il fut attaché, étendu à terre, les jambes, des genoux jusqu’aux pieds, encaissées entre quatre planches, dont la paire extérieure était fixe, alors que les deux intérieures étaient mobiles. En enfonçant des coins dans l'espace qui séparait les deux planches mobiles, il était possible d'écraser les jambes de la victime contre le châssis fixe de la machine... Le premier coin a été enfoncé à fond, entre les genoux puis un autre a été introduit au niveau des pieds. Ils ont été enfoncés jusqu’au bout...
Un troisième a tout de suite été placé sous le premier... Au deuxième coup sur le quatrième coin, plusieurs os des pieds et des chevilles se sont brisés... un cinquième coin a été placé.
Le prisonnier a demandé : « Père, croyez-vous, en toute conscience, qu’un homme doit avouer un crime qu'il n'a pas commis pour être délivré d’une souffrance » ... « vous avez été un magicien, vous avez eu commerce avec les diables » fut la réponse. Quand il protesta une fois de plus de son innocence, le sixième coin fut enfoncé à fond, ensuite un septième, puis un huitième, les os des genoux, des tibias, des chevilles et des pieds, se sont tous brisés. »
Page 249 : « le cierge de deux livres a été placé dans la main de Grandier et il a été relevé pour qu’il demande pardon, comme cela lui avait été prescrit, pour son crime, mais il n’avait plus de genoux pour se mettre à genoux. Quand ils l'ont posé à terre, il est tombé en avant sur le visage ».
Il fut finalement brûlé vif. On a fait en sorte que sa mort soit des plus douloureuses.

Après que les petites gens aient été massacrés, la persécution s’est tournée vers d’autres personnes à dilapider et, parmi d'autres, les Chevaliers Templiers, qui avaient tant fait pour la Chrétienté, ont été accusés d’hérésie ainsi que d’autres accusations. A quel point ils, ou certains d'entre eux, étaient coupables est sujet à polémiques, mais un grand nombre d’entre eux étaient assurément innocents de toute hérésie consciente.
M. Hughes dit aussi que le culte sorcier célèbre des Messes Noires où certaines pratiques chrétiennes étaient raillées et où l’on priait et rendait hommage au Diable. Une fois encore, laissez-moi lui garantir que bien que j’ai assisté à de nombreux Sabbats, je n'ai rien vu qui ressemble aux pratiques dont il nous accuse, à moins qu'il ne pense à la cérémonie des « gâteaux et du vin », qui serait une imitation de l’ancienne Agape Chrétienne, le banquet d'amour. Mais je pense que cette cérémonie est bien plus ancienne. Je ne dis pas que personne n’a jamais célébré de Messe Noire, mais je dis qu’autant que je sache, les sorcières n’en célèbrent pas.
Nous devons accepter le fait que, même si le culte est très intéressant et quelque fois très sophistiqué, il est primitif et quand les gens « se lâchent », et cela dans n'importe quel groupe, des choses doivent nécessairement survenir et ils font des choses qu'ils ne feraient pas s’ils étaient seuls. Cela doit sans doute chagriner les Puritains, mais des Puritains tirent une certaine gloire de leur « chagrin » et je peux comprendre le point de vue des sorcières.

 

 

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