Des pactes avec le diable

par Gerald Gardner (traduction Ameth)

 


Il y a aussi une autre accusation à l’encontre des sorcières, des templiers, des vaudois, des gnostiques et d'autres encore, qui était « l’Osculum Infame ». Ce devait être l’accusation dont on se servait contre ceux que les ecclésiastiques n’aimaient pas. On utilisait semble-t-il cette accusation selon le principe que tout bâton est assez bon pour battre un chien. On a tout d’abord utilisé cette accusation contre diverses sectes hérétiques, puis contre les Chevaliers du Temple. Les sorcières n'embrassent pas le derrière du Diable, d'abord parce qu'elles n'embrassent jamais le derrière de quiconque et, deuxièmement, parce que le Diable n'est pas là pour être embrassé.
Je ne peux pas être plus clair que cela, n'est-ce pas ? Comme je l'ai dit, il n'y a aucun pacte avec le Diable ou avec quelqu’un d’autre. Cela vient, je pense, des légendes, du genre de celle de Faust, qui peuvent avoir été inventées par des ecclésiastiques pour effrayer les gens et pour qu’ils s’abstiennent de penser aux pratiques magiques, ou peut-être pour expliquer pourquoi les gens qui pratiquent une magie plus ou moins tolérée, dans l’esprit de celle des Clavicules de Salomon, mais sans utiliser de médium, échouent en général. Ces histoires étaient souvent inventées pour augmenter le pouvoir de certains saints. Une d’entre elles raconte qu’un sorcier, après des années d'échecs, avait fait un pacte avec le Diable et vendu son âme en échange de nombreuses années de richesse et de puissance. Quand son temps est arrivé, il priait un saint particulier qui convoquait le Diable et, par force ou par ruse, brisait le pacte. Le sorcier donnait alors tous ce qu’il avait retiré de sa sorcellerie au sanctuaire du saint et mourait en odeur de sainteté.
L'histoire de ces pactes est plutôt naïve, mais on y croyait et des Grimoires, des manuels de semi-magie noire, étaient imprimés. Il y était expliqué comment invoquer le Diable et conclure un pacte avec lui tout en le dupant. D'habitude, la duperie était basée sur un jeu de mots ; par exemple, en donnant au Diable votre corps et votre âme, que vous soyez enterré à l'intérieur ou à l'extérieur de l'église, puis en réussissant à être enterré à l'intérieur des murs de l'église, c'est-à-dire ni à l'intérieur ni à l'extérieur - autrement dit, vous l’aviez trompé. Les auteurs de ces livres semblaient penser que le Diable était trop naïf ou trop ignorant pour acheter le livre et le lire lui-même.
Depuis que j’ai écrit cela, j’ai lu le compte rendu d'un procès en France, où un clerc a été employé par un homme mystérieux, vêtu de noir, pour recopier un de ces livres. Il a été sérieusement affirmé par la cour que cet homme en noir était le Diable qui essayait d'obtenir une copie de ce livre pour apprendre comment se protéger d’une telle tromperie. L'accusé a été reconnu coupable d’avoir essayé d'aider le Diable et a été exécuté.
Cela montre que les accusations étaient inconsistantes, cela ressemblait à ce dont les Nazis et les Communistes accusaient les gens et en obtenaient la confession au moyen des tortures les plus atroces. Je suppose que ces livres étaient vendus au genre de personnes qui aujourd’hui achètent les livres bon marché sur la divination. Ils étaient imprimés pour être vendus. Le plus célèbre d’entre eux était le Grimoire du pape Honorius.
Tout ce qui tourne autour de la croyance en de tels pactes m’intrigue. Il en existe réellement un certain nombre. Il semblerait qu’on pensait qu'au moment du décès, comme lors d’un grand procès, l'âme jurait qu'elle n'avait jamais utilisé la sorcellerie et lorsqu’elle était sur le point de gagner le Ciel, soudainement un Diable produisait le document manquant. Ce document aurait été une preuve, puisqu’on y voyait la signature de l'accusé et le Diable remportait l’affaire et l'âme.

 

 

 

 

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