par Gerald Gardner (traduction Ameth)
On dit que le noir est une caractéristique dans l'Ordre de la Jarretière. Le
Livre Noir, contenant les constitutions originales de l'Ordre, a -dit-on- été
emporté pour des raisons secrètes avant l’époque d'Henry V, comme il a été dit
précédemment, et c’est de ce Livre Noire qu’est issue la charge importante de
Black Rod.
On peut penser qu'il devait y avoir eu des raisons importantes de cacher des
choses avant qu'un tel livre ne puisse être emporté ou perdu.
Le défunt Hargrave Jennings semblait convaincu qu'il y avait là un profond
mystère, mais –apparemment- il ne savait rien ou, s'il le savait, il n’a pas
parlé de cette marque sorcière que l’on voit aussi dans les Clavicules de
Salomon. Tout ceci n’est peut être qu’une coïncidence. Mais si personne ne
mentionne les coïncidences, il n’y a que peu de chances de trouver d'autres
faits. Il est incontestable que la jarretière est un insigne de rang chez les
sorcières. Il y a une roche préhistorique ornée en France censée représenter une
cérémonie magique sorcière où l’on voit douze femmes dansant autour d'un homme
qui est nu à part des jarretières. Comme on ne portait pas de bas il y a
plusieurs milliers, ces jarretières doivent bien avoir une signification.
Après les grandes persécutions, il fut généralement impossible de célébrer les
grands rites et les autres ne l’étaient plus que de temps à en temps. Alors
qu’il y avait moins de prétextes religieux, les rites n’étaient plus pratiqués
que par ceux qui se tournaient vers l'étude mystique. Comme il n'était plus
possible de réunir de nombreuses personnes pour lever de la puissance, d'autres
moyens ont été développés pour cela. En plus des formules, il est aussi
nécessaire d'avoir certains pouvoirs innés d’hyperesthésie ou de prévision qui
peuvent être développés par la pratique.
Autrefois, on en voyait des exemples partout et on savait exactement comment
cela fonctionnait et l’on pouvait facilement obtenir les herbes nécessaires. De
nos jours, même si tout est fait pour l’empêcher, cette pratique persiste
encore.
Une accusation très courante, bien que fausse, à l’encontre des sorcières était
que les initiés devaient abjurer le Christianisme. Lors de l’initiation, une
longue charge était lue au candidat. Il y était dit ce qui serait exigé de lui,
mais il y était nullement question d'abandonner une autre foi quelle qu’elle
fut. On lui disait qu'il obtiendrait des avantages et de l’aide dans sa vie
future grâce à l'aide de la déesse qui ne demandait rien en retour. Le pacte
avec le Diable est un non-sens. La seule promesse est un serment de secret et
d’aider les frères et les sœurs lorsqu’ils en ont besoin.
Il faut être présenté au coven de façon formelle. Le coven présentera la
personne aux Puissances - les esprits des membres du culte qui sont morts et qui
n'ont pas encore été réincarnés et qu’on suppose être présents. Je ne peux voir
aucune vraie raison pour laquelle on ne peut pas être un assez bon chrétien (pas
très orthodoxe) et une sorcière en même temps. Je ne vois aucune raison sérieuse
pour qu’une personne ne puisse être à la fois chrétien et sorcière. Cela me
semble personnellement plus facile que d’être chrétien et communiste.
Le chrétien pour qui la réincarnation est une hérésie, qui ne tolère aucune
forme de superstition et qui appartient à la ligue pour le respect du dimanche,
ne ferait certainement pas une bonne sorcière. Il est possible que les
grands-parents de certaines de ces personnes aient pu appeler leur chef le
Diable à une époque où l’on considérait qu’il était bien de parler du Diable. On
peut affirmer que de nombreuses sorcières ont admis avoir signer des pactes.
Bien sûr qu’elles l’ont avoué, j’aurais fait de même si on m’avait torturé assez
longtemps. Les expériences récentes des nazis ont démontré que les gens peuvent
dire n'importe quoi sous la torture.
En admettant avoir commercé avec le diable, elles étaient rapidement condamnées
et brûlées, mais elles évitaient d’avouer des choses importantes. Elles ont
admis se servir de charmes pour obtenir de bonnes récoltes, sans expliquer
comment elles s’y prenaient. Elles étaient toujours heureuses de parler des
côtés joyeux, ce qui n’était que malédiction pour les religieux.
Il est à noter que parmi ce que confessaient les sorcières, une grande partie
ressemblait aux pratiques actuelles des sorcières d’Indes Occidentales et du
Congo et que les pratiques décrites par les auteurs Arabes d'autrefois ont
toujours cours chez les sorcières de Madagascar. Je pense qu’il s’agit là bien
plus que d’une coïncidence.
wica wicca Gerald Gardner